Raid VTT de la Haute-Sambre - Thuin (prov. Hainaut)  
24 mai 2009 km parcourus : 78  
15-25-35-45 km - chrono 55-75 km D+ : 905  

 

Après 2 semaines fort chargées en activités non-sportives, durant lesquelles mon vélo est resté au garage, nous voici pour la deuxième fois de l'année à Thuin, pour ce Raid de la Haute-Sambre. Il faut dire que nos amis Fabienne et Ygor habitent à un jet de pierre du terrain de foot, qu'ils nous ont invités à partager un barbecue après la rando et que Fabienne roulera avec mon fils sur le parcours de 25 km... pas d'hésitation donc sur la destination du jour. Nous laissons la camionnette chez eux et c'est à vélo que nous rejoignons tous ensemble le départ. L'organisation propose plusieurs distances dont deux chronométrées, le 55 km et le 75 km, ce dernier entrant en ligne de compte pour le challenge O2MC. C'est donc munie d'une plaque de cadre orange portant le numéro 777 que je prends le départ de la plus longue distance sous un soleil prometteur.

Les premiers km sont décevants, à part un ou deux passages plus ludiques, nous rencontrons beaucoup de route et de chemins larges et plats. La rando de Sombreffe s'impose à ma mémoire... Le duo Ygor-Thierry s'est reconstitué, ils roulent tout tranquillement à quelques centaines de mètres devant moi. Curieusement aujourd'hui j'ai des jambes correctes, mais de très mauvaises sensations. Je suis en fait dans un état de grande agitation intérieure; très nerveuse, j'ai un mal fou à me concentrer sur le parcours. De plus, j'ai l'impression que mon vélo a de drôles de réactions, et à plusieurs reprises je le sens partir de l'avant dans les chemins poussiéreux. En effet, il n'y a pas de boue, le terrain est très sec hormis quelques passages dans les bois. En un rien de temps nous sommes déjà au premier ravitaillement (km 15), qui nous paraît fort basique mais qui me suffit puisqu'il y a des bananes et de la grenadine. La suite du parcours est du même tonneau jusqu'au deuxième ravito (km 30). Avouons-le, je m'ennuie comme un rat mort, d'autant qu'Ygor qui connaît la région comme sa poche, nous fait remarquer tous les beaux endroits qu'on aurait pu emprunter... Heureusement, je trouve à tromper mon ennui grâce aux nombreux bikers de ma connaissance, qui me saluent par mon prénom ou échangent quelques mots en me dépassant.
Nous sommes très étonnés car jusqu'ici, nous n'avons eu aucun contrôle sur le chrono. Or, si on connaît la région, il serait aisé de couper au court, à plusieurs reprises... Soit, en ce qui me concerne je m'en moque, puisque de toute façon mon temps n'a aucune importance à mes yeux et que je pars toujours avec l'idée que je serai certainement dernière ;-)

Après le 2ème ravito, le parcours commence enfin à ressembler à ce que j'attends d'un circuit vtt, on entre dans les bois et je perds de vue les deux compères... jusqu'au moment où dans une descente un peu plus technique, j'aperçois Thierry arrêté et un autre biker lui demandant comment ça va. Son visage porte les stigmates d'une chute... néanmoins je continue ma descente, laquelle est suivie d'une côte plus humide avant d'entrer dans un bois, où je juge le moment venu de marquer le territoire ;-) . Le temps de trouver le petit coin ad hoc, je revois passer Thierry... que je ne retrouverai qu'à l'arrivée, une bière à la main. Nous avons parcouru environ 35 km et mon état mental ne s'est pas amélioré, je suis toujours beaucoup trop speedée. De plus je patine lamentablement dans des montées techniques qui d'habitude ne me posent aucun problème. Cette situation me mine le moral, j'en ai marre, je suis découragée... et pourtant pas fatiguée, mes jambes n'y sont pour rien ... Dans les descentes, mon vélo semble vouloir m'éjecter, et c'est in extremis que j'évite à deux reprises une vilaine chute dans la caillasse. Gros passage à vide donc, qui me voit à plusieurs reprises poser pied à terre devant des "difficultés" qui n'en sont pas vraiment. Dommage car le parcours est devenu intéressant et plus vallonné. D'autre part le fléchage me semble parfois inadapté, d'ailleurs voilà que je me trompe, demi-tour... une fois, deux fois... ça commence à m'énerver. A d'autres endroits je ne vois plus de flèche, j'hésite, et ce sont des promeneurs qui m'indiquent la bonne direction.
Le troisième ravitaillement ressemble un peu à un champ de bataille, les bénévoles, d'un certain âge, ont l'air de qui a rencontré une troupe de zombies assoiffés de sang... hagards, ils procèdent à des remplissages de gobelets assez peu concluants vu le peu de grenadine qui reste... il n'y a plus de banane et je me rabats sur quelques raisins secs rescapés des combats, avant de repartir, sans conviction. Peu après, je décide de dégonfler mes pneus en supposant que cela va améliorer l'adhérence, et c'est alors, mon regard tombant sur mon amortisseur, que je constate que celui-ci est en position bloquée. Depuis quand ? Mystère... mais il est un fait qu'une fois cette erreur rectifiée, je vais retrouver de meilleures sensations. On approche alors des 50 km... En parallèle, mon esprit semble enfin s'apaiser et la concentration revient. Enfin je commence à apprécier la sortie... il était temps.

Les passages boisés sont nombreux et je prends plaisir à rouler seule, à bonne allure, sur d'agréables sentiers en forêt. Le parcours reste roulant, les difficultés classiques de la région sont évitées, ce qui fait que le dénivelé positif reste modéré... du coup, les kilomètres défilent assez rapidement... d'autant que pendant quelque temps je parviens à accrocher un biker, avant de le perdre en choisissant la mauvaise trajectoire dans un bourbier, le temps de m'en dépêtrer, il est déjà hors de vue... je le retrouve au 4ème et dernier ravito, situé à 65 km, et où voilà qu'on contrôle ma plaque ! Mieux vaut tard que jamais ... ça ne fait quand même pas très sérieux. Alors que mon lièvre de tout à l'heure repart, je songe à prendre un peu de carburant pour la suite... Il ne reste plus grand chose, mais bon, il est tard... Vive comme l'éclair, je m'empare du dernier morceau de banane qui se bat en duel avec un bout de gaufre, au nez et à la barbe d'un autre concurrent qui me suit de près. Moi qui me croyait dernière ! De fait, on m'annonce qu'il y a encore 30 concurrents non pointés et qu'il reste "10-13 km". Devant mon air perplexe on m'explique que ça dépend si on s'est trompé ou pas... Bon, je n'y comprends rien donc je ne cherche pas à élucider cette énigme, me voici donc repartie pour un dernier effort. Malgré la distance parcourue, je prends plus de plaisir à cette fin de rando qu'au début. Vers 70 km, quelques bourbiers sinueux bordés de racines glissantes se présentent cependant et, la fatigue commençant à se faire sentir, je n'essaie même plus de les franchir sur le vélo, pas envie de me la jouer façon Bouglione, surtout en l'absence de tout public à réjouir de mes pitreries, puisque je suis de nouveau seule, le biker à qui j'avais subtilisé la dernière banane s'étant vengé en me larguant après à peine 1 km ;-)

Après 75 km je suis en plein bois et je commence à me dire que les "10-13" km vont être plutôt 13... Effectivement puisqu'à quasiment 78 km, j'aperçois le zoning de Thuin. Je rejoins donc l'arrivée en suivant le couloir tracé pour les chronos et alors que je longe ainsi le terrain de foot, je vois des bikers attablés devant une bière ou affalés dans l'herbe, profitant de ce temps estival si rare dans notre pays... C'est à ce moment que j'entends des cris et des acclamations, car il se trouve que les "affalés" ne sont autres que des BMB accompagnés d'autres de mes vieilles connaissances, d'Ygor, Fabienne, Thierry et mon fils, et ils m'ont repérée... arrivée en fanfare donc, moi qui espérais passer inaperçue et faire discrètement pointer mon temps qui doit être affligeant... Finalement je ne demande même pas mon résultat, mais le classement arrivera bien assez vite et je ne serais pas étonnée de remporter brillamment la dernière place, comme prévu :-)

Des images prises par d'autres bikers :

http://www.youtube.com/watch?v=KGs3bfRg0

http://www.dailymotion.com/search/vtt/video/x9drbx_vtt-a-thuin_sport

 

Points négatifs : parcours inégal avec les 30 premiers km inintéressants; ravitaillements peu fournis et peu variés; fléchage parfois insuffisant; pas assez de contrôles sur le chrono.

Points positifs : deuxième partie du parcours sympa avec des passages inédits pour moi; douches; bike-wash; prix modéré de l'inscription.