Les crêtes de Meuse - Godinne (prov. Namur)  
1er mai 2009 km parcourus : 50  
15-20-35-50 km D+ : 1265 m  

 

Vendredi 1er mai, fête du travail. Pour beaucoup cela signifie une grasse matinée... mais pour moi, lever avant 7 heures et direction le collège Saint-Paul à Godinne.

J'ai l'impression de n'avoir plus roulé en vallée de la Meuse depuis une éternité... et disons-le, je suis en manque :-)

Arrivés sur place, quelle n'est pas notre surprise : il n'est que 8 h et pourtant les 3 parkings sont remplis, et l'endroit est littéralement envahi de vélos de route rutilants, à la transmission si propre et brillante qu'elle paraît sortir de magasin, et de cyclistes aux tenues bariolées, chaussures blanches, jambes bronzées luisantes, sans l'ombre d'un poil... hé oui, plusieurs parcours cyclos sont également proposés aujourd'hui. Nous débarquons avec nos gros vélos qui portent encore les stigmates crasseux de la sortie (trop) boueuse du week-end précédent et nous nous faisons l'effet d'être des Pierrafeu. Quelques vttistes sont perdus dans la marée multicolore... . Ambiance donc inhabituelle pour les frustres adeptes du tout terrain... je ne trouverais rien à y redire si ce n'était certaines remarques à mon égard de la part des "bitumeux"... il semble que contrairement à leurs vélos aérodynamiques, leur humour est parfois lourd, voire très lourd, à l'égard des représentantes du sexe dit faible... Les vttistes m'ont l'air moins macho.... M'enfin, chacun s'amuse comme il peut, hein !

Soit, nous voilà donc partis... enfin, "me" voilà donc partie... en effet je crois que Thierry et ses copains sont juste derrière moi... mais en fait ils se perdent dès la première bifurcation (fort mal indiquée, il faut bien l'admettre) située à peine 100 m après le départ, et suivent les flèches destinées aux routiers :-))). J'ai quant à moi eu la chance de me voir indiquer la bonne direction par une habitante de la rue, merci à elle. Bien sûr je ne connais rien des déboires de mes compagnons, et je me dis qu'ils ont dû traîner un peu mais qu'ils vont me ratrapper d'un moment à l'autre, vu notre différence de potentiel.

Cette rando de Godinne, je l'ai faite maintes fois dans le passé, alors qu'elle était traditionnellement organisée en février. Froid, boue, neige, verglas... Je me souviens notamment d'une hypoglycémie sous les flocons, alors que je roulais seule depuis plusieurs km, qui m'a laissé un fort mauvais souvenir... Mais aujourd'hui, tout est différent. La brume se dissipe pour laisser place au soleil, la température est assez clémente pour rouler en manches courtes. Rapidement après le départ, nous attaquons, sans surprise, la montée des 7 Meuses. Je m'attendais à beaucoup de boue aujourd'hui car certains jours de la semaine ont été copieusement arrosés. Mais arrivée en haut, je découvre le cadeau du jour : hormis quelques flaques très liquides, c'est relativement sec. Bonne nouvelle ! car ce passage est un bon indicateur de l'ensemble du parcours... Un peu après, je râle : au lieu de prendre à droite ma descente préférée du coin, qui aboutit au-dessus de Burnot, on continue tout droit et on descend tout sur route... Heureusement on revient ensuite à de meilleures résolutions, et la descente suivante, pleine de caillasse instable, me mettra d'ailleurs en difficulté, m'obligeant à poser pied à terre à plus d'une reprise.

La suite du parcours est conforme à mes attentes : de la caillasse, des sentiers ludiques, des descentes plus ou moins engagées, des montées techniques... C'est là que je constate que si les jambes fonctionnent normalement, il semble qu'il y ait un problème au niveau respiratoire. Les côtes me font un drôle d'effet. Je suis très rapidement essoufflée, et une fois la difficulté passée, il me faut beaucoup de temps pour récupérer. Le phénomène se répète dès que je dois pousser un peu... et je trouve cela très fatigant car je ne suis pas habituée à ressentir cela. Jusqu'au premier ravito (km 13), on passe à beaucoup d'endroits connus. Mais par la suite, d'autres chemins sont une découverte ou en tout cas me sont nettement moins familiers. C'est le cas d'une boucle spécifique au 50 km, quelque part entre le 2ème (km 24) et le 3ème ravito (km 40) avec un passage longeant une ancienne voie de chemin de fer dans un environnement de toute beauté. Ce n'est pas une randonnée facile : ça monte et ça descend tout le temps, ce qui est normal dans la région. Comme espéré, peu de boue, lorsque celle-ci est présente c'est dans sa forme liquide, qui ne gêne pas la progression... Petit mot sur les ravitaillements : ils sont assez minables. Pas de fruits frais, juste du cake, des gaufres au chocolat et des raisins secs... grenadine tellement diluée qu'elle n'avait aucun goût. Cela tranche avec l'ancienne organisation hivernale... Toujours pas de Thierry en vue, par contre j'ai la chance de croiser diverses connaissances, et également de cheminer, du 1er ravito jusqu'à la fin, avec un biker inconnu mais qui a un rythme assez similaire au mien (ce qui est rare !).


Après le 3ème ravitaillement, le 50 km emprunte pour la deuxième fois une portion commune de 2-3 km avant de bifurquer pour une merveilleuse boucle, ludique mais bien physique aussi avec ses côtes raides dans les bois. Mystère encore non résolu : alors que je souffre au niveau respiratoire depuis 40 km, voici soudain, au départ de cette boucle, que je trouve un "second souffle" (hem, peut-on parler de second souffle alors qu'il n'y a pas eu de "premier" souffle ???), et je trouve enfin de bonnes sensations même en côte, ce qui me permettra d'enchaîner ces dernières grimpettes sans la moindre difficulté... c'est à n'y rien comprendre. Lorsque nous retombons sur le parcours commun, nous voici à nouveau sur les hauteurs avant d'attaquer le final de toute beauté, qui reste la coqueluche de nombreux vttistes de la région : un magnifique singletrack rapide et sinueux qui aboutit au collège.

Là, je retrouve Thierry... attablé devant une bonne bière avec ses amis ! Il s'avère que suite à des problèmes de freinage (et à un certain manque de motivation de ses compagnons...), il a finalement bifurqué sur le parcours de 35 km. J'ai pour ma part 50 km au compteur pour un D+ respectable de 1265 m... La file du bike-wah est longue mais j'y retrouve avec plaisir de "vieilles" connaissances, je ne teste pas les douches (les vestiaires étaient mixtes il y a quelques années...) et nous finissons cette belle matinée ensemble autour d'un verre, enchantés de cette randonnée.

 

Points négatifs : une petite flèche en plus au départ aurait été bienvenue... ravitaillements minimum ; pas de parc à vélo.

Points positifs : magnifique parcours technique et physique; bike-wash; douches.