Raid Rançois - Rance (prov. Hainaut)  
26 avril 2009 km parcourus : 67  
10-25-30-45-50 km - chrono 65 km D+ : 1050 m  

 

Pendant la première partie de la semaine, on nous promettait du soleil pour le week-end. J'avais envie de repasser la barre des 60 km, c'était donc le moment idéal ! Première longue distance sur sol sec, ce sera plus facile, me disais-je... Et puis j'ai eu un avant-goût de la région il y a une quinzaine de jours et j'avais envie d'y retourner.

Bardaf, le jeudi les prévisions météo ont changé... Et c'est sous la drache nationale que ce dimanche matin nous effectuons le trajet jusqu'à Rance, localité située dans la botte du Hainaut. En conduisant je me fais la réflexion que je vais peut-être en baver... je réalise qu'en deux semaines mon entraînement a été très réduit : seulement deux petites sorties en course à pied et une séance de spinning, ça ne fait pas beaucoup comme préparation, quand on n'a repris que depuis deux mois et demi... Mais je chasse cette idée de ma tête, c'est trop tard, ma décision est prise, le cas échéant je roulerai au mental. Aucune hésitation donc au moment de m'inscrire sur le 65 km. La boue ne m'a jamais fait peur... ce qui n'est pas le cas de Thierry qui ronchonne depuis qu'il s'est levé, envisageant même de ne pas venir, avant de se raviser.

Première surprise : le 65 km est un chrono. Voilà qui est inhabituel pour moi, mais de toute façon peu importe, je vais quand même rouler en mode "randonnée". J'en ris déjà avec les dames des inscriptions : je connais déjà mon classement :-) . On démarre sous une pluie de plus en plus insistante, sur le RAVel. Jusqu'au premier ravito, situé au 15ème km, on est en terrain plus ou moins connu puisqu'on emprunte des passages que nous avons parcourus il y a deux semaines lors de la rando de Beaumont. Parcours varié majoritairement dans les bois, avec des portions sur route ou RAVel assez courtes. Ce serait très roulant, et très agréable, sur terrain sec ! Pas trop de dénivelé pour l'instant, mais l'état du sol complique singulièrement les choses... Les chemins sont gorgés d'eau, c'est le moins qu'on puisse dire... La boue de cette région est décidément une horreur, ça colle et ça glisse. Mon vélo semble avoir une vie propre, il part dans tous les sens indépendamment de ma volonté. Les figures acrobatiques sont fréquentes, et je ne sais par quel miracle j'évite de justesse plusieurs chutes. Quant aux montées, il est bien difficile d'arriver au-dessus sans poser pied à terre tant la roue arrière patine. Je commence à me demander si mes pneus habituels sont en cause ... Le fléchage est mi-figue, mi-raisin : il y a des flèches en abondance, noires sur fond jaune on les repère de loin... mais elles sont trop petites et on ne voit pas bien la direction indiquée, quant aux indications de bifurcation, là il faut quasiment s'arrêter nez sur la pancarte pour savoir où aller. Petit bémol que l'organisateur a promis de corriger pour la prochaine édition !

La deuxième partie du parcours reste du même tonneau, il y a vraiment de la recherche dans le choix de l'itinéraire, on alterne entre de nombreux singletracks ludiques et des portions plus roulantes, des petits raidillons glissants, de courtes descentes assez techniques... J'ai dégonflé mes pneus après une glissade de plus, en effet mon vélo sort de chez le vélociste et il y a trop de pression pour moi, ce qui limite l'adhérence. Je gère mon effort, contrairement à ma rando précédente, car je sais que les conditions ne sont pas idéales pour une longue distance. Thierry toujours grommelant entre deux flaques, avait d'ailleurs décidé de me lâcher et de suivre le parcours de 46 km... jusqu'à l'arrivée providentielle de notre ami Igor, lui aussi inscrit sur le 65, qui d'habitude nous laisse sur place mais qui aujourd'hui, en raison d'une blessure au genou, souffre et dit qu'il va devoir passer sur la distance inférieure de 53 km... Voilà donc les deux compères à philosopher sur le fait que 65, décidément, ça n'ira pas aujourd'hui, ce qui ne les empêche pas d'être souvent bien devant moi et de m'attendre épisodiquement. Il faut dire que les passages boueux sont parfois très éprouvants, même en essayant de ne pas se mettre dans le rouge, il faut bien s'extirper des bourbiers, et c'est un effort non-négligeable qui se répète trop souvent.

Nous passons en France à l'approche du "Val Joly", et c'est encore relativement fraîche que j'arrive au second ravito (km 33). Par contre je commence à être préoccupée par un phénomène physiologique inopportun : effet de la pluie ? excès de thé la veille ? je ne connais pas la raison mais le fait est que je dois multiplier les arrêts pipi. Je ne tiens même pas 10 km sans devoir m'arrêter... aujourd'hui je roule sous les couleurs des Belgium Mountain Bikers et j'ai le sponsor "Burnéco, chaudières à pellets" élégamment inscrit sur les fesses, mais une pub pour des citernes d'eau de pluie ou pour une société de vidange serait plus d'actualité ! Cela fait rire les copains, mais moi beaucoup moins. En effet, à chaque fois il me faut enlever veste et maillot et me retrouver en petite tenue sous la pluie n'a rien de très agréable, d'autant qu'il fait frais. Sans compter que les lieux favorables, même en forêt, ne sont pas toujours évidents à trouver... heureusement le parcours est très boisé et la végétation est en pleine croissance. Toujours est-il que si d'aventure j'avais eu, dans un moment de folie, un objectif au niveau chrono, voilà bien le genre de désagrément qui contrarierait mes plans, parce qu'à chaque fois ça prend plusieurs minutes.

La bifurcation entre le 53 et le 65 se situe au 2ème ravito, et finalement mes deux compagnons optent pour la longue distance. Un bel exemple de l'adage "l'union fait la force", nul doute que s'ils avaient chacun roulé de leur côté ils n'auraient pas bouclé la distance. Nous repartons donc ensemble, mais pour une courte durée puisque bientôt je dois de nouveau faire un arrêt et je leur dis de ne plus m'attendre. Je ne les reverrai qu'à l'arrivée... Que dire de cette boucle spécifique au 65 km, sinon qu'elle fut superbe. Je découvre cette région de la France que je ne connaissais pas du tout. Le Val Joly et ses lacs, c'est vraiment magnifique. Le parcours fait la part belle aux singles, et à des passages quand même bien techniques. La boue rend le tout très sportif, trop pour moi par endroits. Cependant l'heure tourne, les km s'accumulent... et vers 45 km je commence à ressentir les effets de la fatigue. Cela se manifeste d'abord par des fautes d'attention dans les passages requérant un peu plus de technique, ce qui me vaut d'embrasser un sapin, heureusement à basse vitesse. Puis par les jambes qui commencent doucement à se faire sentir... Enfin, je regarde de plus en plus souvent mon compteur et ne vois plus les km avancer. Il ne pleut plus, heureusement, et j'ai enlevé ma veste qui me tenait trop chaud. Ce sera toujours une couche en moins à ôter pour aller au petit coin :-/. Parce que là non plus ça ne s'améliore pas, après 45 km j'en suis à 6 arrêts... Enfin, je commence à me sentir très seule, je n'ai plus vu un seul biker depuis environ 15 km, ce qui me fait penser qu'il n'y a plus personne derrière moi. Ce n'est pas bon pour le moral.


Enfin, après un passage trop technique et accidenté suivi d'une côte raide où, très fatiguée, je renonce à remonter sur mon vélo, j'ai la surprise d'entendre arriver des vtt... deux bikers arrivent (j'ai la consolation de constater qu'ils ont passé la zone technique à pied aussi), et quand le premier me dépasse, l'air concentré et fatigué mais néanmoins rapide comme l'éclair (bon ok, tout est relatif, dans une côte à 15% pleine de boue... mais par rapport à moi c'était quasiment Flash Gordon, le gars) et prenant la peine de me dire un bonjour essoufflé, je reconnais sous la boue le maillot tricolore ... en fait c'est Wouter Cleppe le champion de Belgique de marathon. Le second, anonyme, m'a l'air presque aussi supersonique et également fatigué, mais encore plus courtois puisqu'il m'encourage ! Bref deux extraterrestres, que je vois disparaître quelques minutes avant mon arrivée au 3ème ravito (km 55). A noter que W. Cleppe terminera premier au classement, et m'ayant dépassé au km 53, arrivera quand même près d'une heure avant moi. Edifiant... Les bénévoles du ravito sont aimables et réconfortants, ils me transmettent même un message émanant de Thierry et d'Igor que je trouve assez burlesque : "Vos deux amis ont dit que vous ne deviez pas vous inquiéter, ils sont devant". Mouarffff.... On aurait pu croire que c'étaient eux qui auraient pu être inquiets pour moi :-))). Autre information "rassurante" : ils ne seraient repartis que depuis une dizaine de minutes... On m'annonce qu'il reste une douzaine de km, et deux montées. Je repars donc, ayant ingurgité quelques abricots secs censés me redonner de l'énergie. Mais ce qu'on ne m'a pas dit, c'est que les km suivants sont un concentré de la pire boue qui puisse exister. Epuisant, éreintant... ça glisse trop, ça colle trop, je n'ai plus de forces et souvent me voilà obligée de mettre pied à terre. Et comme si ça ne suffisait pas, seulement 2 km après le ravito, je constate que mon camelbak est vide. Plus rien à boire... et j'ai soif, très soif... c'est la première fois que cela m'arrive d'épuiser mes 3 litres de boisson énergétique, tout en buvant aux ravitos, sur une distance inférieure à 80 km, je suppose que cela est lié à mes 8 arrêts obligés.... Nous sommes à présent sur le parcours commun et je rejoins de rares bikers des distances inférieures. J'ai très mal aux jambes, et les descentes sont un véritable soulagement. Je n'en peux plus de la boue, et pour une des rares fois depuis mes débuts en vtt, voilà que je bénis une montée sur route assez longue, je n'ai plus de jambes mais j'ai l'impression de voler par rapport à ce que je viens de subir dans les bourbiers... Enfin nous voilà de retour à Rance et c'est avec bonheur que j'aperçois ma camionnette, toute seule, à quelques dizaines de mètres du bike-wash où officient des têtes connues : Thierry et Igor bien sûr, mais aussi des BMB. Alors que je m'apprête à passer ma monture au jet, Thierry me rappelle d'aller valider mon arrivée... bin oui, je fais un chrono hein ! :-) et surtout, motivation ultime : les finishers du raid ont droit à une bouteille de Chimay rouge. Dans la foulée, l'organisateur fort sympathique m'offre une Leffe (je meurs de soif et de l'eau serait peut-être plus indiquée mais bon...) et c'est Thierry qui part laver mon vélo ! Ce qui m'arrange bien. Dommage qu'il n'y ait plus rien à manger... Pour conclure, ce Raid Rançois me laissera un souvenir de souffrance, en raison de la boue, malgré une région et un parcours magnifiques.

Des images : http://www.dailymotion.com/video/x93m31_vtt-a-rance_sport et une vidéo http://www.youtube.com/watch?v=iW3f3CpHeag en provenance de participants à la rando.

Points négatifs : fléchage pas très lisible; plus rien à manger après 13h30.

Points positifs : très beau parcours dans une région magnifique; prix modique et cadeau pour les finishers du raid 65 km; bike-wash; douches; organisation conviviale et sympathique.